On ignore à quel moment Kimber décide de s’installer à Trois-Rivières et d’y poursuivre son commerce, mais on sait que le 25 juillet 1799 il signe une adresse des citoyens de cette ville au gouverneur Robert Prescott*. Il ne tarde pas à devenir l’« un des personnages importants de la cité trifluvienne ». En 1809, il s’associe à Pierre Bruneau*, marchand de Québec, ce qui lui permet de maintenir un lien avec les commerçants de sa ville natale ; cette société cessera d’exister en 1812. Il s’approvisionne chez son collègue Moses Hart*, qui lui fait des avances de marchandises pour son magasin de Trois-Rivières. Sa carrière dans le commerce lui vaudra en 1827 une place au sein de la Maison d’industrie à Trois-Rivières.
Entre-temps, dès 1799, Kimber était devenu inspecteur de la Société du feu de Trois-Rivières. En 1811, il reçoit une commission de juge de paix du district de Trois-Rivières, ce qui l’amènera à s’occuper en 1813 et 1814 de la surveillance des travaux d’érection de la maison de correction de cette ville. En 1819, on le nomme capitaine dans le bataillon de milice de la ville de Trois-Rivières.
Kimber est aussi engagé dans son milieu au point de vue social. De 1803 à 1832 au moins, il exerce les fonctions de commissaire chargé du secours aux aliénés et aux enfants abandonnés dans le district de Trois-Rivières. En 1832, il siège encore à titre de commissaire au bureau de santé de Trois-Rivières. De 1832 à 1839, il remplit la fonction de commissaire chargé de la construction des églises et des presbytères. De 1812 à 1835, il fait partie du conseil d’administration de la maison de correction de Trois-Rivières, où il assume d’ailleurs les fonctions de trésorier de 1816 à 1829. Élu marguillier de la paroisse de l’Immaculée-Conception, à Trois-Rivières, en 1818, il sera aussi président des syndics de la commune de Trois-Rivières.
René Kimber s’est taillé une place remarquable dans la société trifluvienne au début du xixe siècle. Son testament et l’inventaire de ses biens après décès révèlent un philanthrope préoccupé du bien-être de ses concitoyens. Ainsi il n’oublie pas de faire don d’une certaine somme d’argent au séminaire de Nicolet pour l’« éducation de la jeunesse ». Il n’en a pas moins su faire fructifier son avoir, car il peut laisser à ses deux filles un nombre important de biens immobiliers. À sa mort, Kimber est un citoyen regretté. La Gazette de Québec du 15 novembre 1841 en fait l’éloge en ces termes : « il a été un bon citoyen, un père de famille exemplaire, aimé et respecté de tous ».
Johanne Noël et Renald Lessard
ANQ-MBF, CE1-48, 17 nov. 1841 ; CN1-6, 26 mars 1800, 10 févr. 1809 ; CN1-47, 15 oct. 1818, 16 sept., 10 déc. 1841.— ANQ-Q, CE1-1, 2 sept. 1762, 19 mai 1785 ; CN1-205, 17 mai 1785 ; CN1-230, 6 juill. 1789.— APC, MG 30, D1, 16 : 774–776 ; RG 4, A1 : 40635–40636, 40937, 41070 ; RG 68, General index, 1651–1841.— ASQ, Séminaire, 16, no 30.— ASTR, 0009 (copie aux ANQ-Q).— B.-C., chambre d’Assemblée, Journaux, 1818–1832.— «Les Dénombrements de Québec » (Plessis), ANQ Rapport, 1948–1949 : 11, 65, 114.— La Gazette de Québec, 26 déc. 1811, 22 sept. 1814, 15 nov. 1841.— Almanach de Québec, 1813.— P.-G. Roy, Fils de Québec, 2 : 127–128.— Les Ursulines des Trois-Rivières depuis leur établissement jusqu’à nos jours (4 vol., Trois-Rivières, Québec, 1888–1911), 2 : 400.— «La Famille Jékimbert ou Kimber », BRH, 21 (1915) : 201–205.— Benjamin Sulte, « Kimber », le Trifluvien (Trois-Rivières), 4 déc. 1906 : 6.
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