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Léonce Cohen

Birthdate: (72)
Birthplace: Paris, Île-de-France, France
Death: February 26, 1901 (72)
Paris, Ile-de-France, France
Immediate Family:

Son of Benoît COHEN and Merline Mélanie Cohen
Brother of Maurice Cohen

Occupation: Compositeur
Managed by: Private User
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Immediate Family

About Léonce Cohen

1852

Léonce COHEN (1829-1901)

" Il faut savoir gré à un jeune artiste, que ses fortes études et ses tendances semblaient porter vers un autre ordre de travaux, de consacrer à des œuvres didactiques son savoir, son expérience et les premiers jets de son imagination. " Cet extrait du rapport très favorable de l’Institut de France, section musique, concernant l’Ecole du musicien, ou solfège théorique et pratique, avec accompagnement de piano de Léonce Cohen, publié en 1862 (grand in-folio, 3 volumes, 332 planches, Paris, chez Margueritat, éditeur de musique, 21 boulevard Bonne-Nouvelle), démontre que cet ouvrage, dédié à Ambroise Thomas, contribua à l’époque " à asseoir la réputation naissante de son jeune et laborieux auteur ", alors âgé de 33 ans. Le rapport du Comité des études du Conservatoire impérial de musique louait dans les mêmes termes cet excellent solfège. Antoine Elwart dans L’Univers musical écrivait quant à lui : " M. Léonce Cohen, tourmenté du désir bien naturel d’écrire de la mélodie, en a mis partout, et souvent l’inspiration la plus vraie, la plus poétique l’a secondé dans son dessein. Les accompagnements de piano de toutes les leçons offrent également un grand intérêt. Ils sont élégants, bien rythmés, et d’une difficulté accessible à tous les amateurs qui connaissent le clavier. " Et pourtant, ce musicien a complètement disparu de nos mémoires !

Léonce Cohen, né le 12 février 1829 à Paris, est issu par sa mère, née Merline Weil (1804-1875), d’une famille de porcelainiers originaires d’Alsace, installés à Fontainebleau puis à Paris au début du XIXème siècle1. C’est son bisaïeul, Lazare Weil, né vers 1742 à Hitterenheim, qui est le fondateur de cette dynastie de commerçants. Son père, Benoist Cohen (1798-1856), hérita en 1829, du magasin de porcelaine de la rue Bondy, à Paris, à la mort de son beau-père Baruch Weil. Président du Comité consistorial de secours et d’encouragement des israélites de Paris, il fut plus tard, en avril 1852, le premier directeur de l’hôpital Rothschild de la rue de Picpus. Né à Amsterdam, il s’était établi jeune à Paris et sa mort fut regrettée de tous par son action qu’il mena durant plusieurs décennies en faveur des pauvres. Les Weil étaient également une puissante famille très estimée au sein de la communauté israélite parisienne. Merline Weil, la mère de Léonce, était la sœur de l’écrivain Godchaux Weil (1806-1878), plus connu sous le nom de " Ben-Lévy ", une grande tante d’Henri Bergson et Marcel Proust, et une cousine par alliance d’Adolphe Crémieux. En dehors de Léonce, elle avait donné le jour en 1825 à un autre garçon prenommé Maurice. Ingénieur en chef des ponts et chaussées, celui-ci est décédé le 3 novembre 1883 à Cahors.

C’est au sein de ce monde des affaires et de la charité publique que Léonce grandit à Paris. Ses dispositions naturelles pour la musique décidèrent ses parents à le faire entrer au Conservatoire de musique et de déclamation à l’âge de 13 ans. C’est dans cet établissement qu’il fit toutes ses études musicales et dès les premiers temps décrocha un 1er prix de solfège en 1842. Il se spécialisa dans l’étude du violon, à l’époque où les classes du Conservatoire de Paris étaient tenues par d’éminents artistes : Habeneck, Massart et Alard, et entra également dans la classe d’orgue de François Benoist2. Là, il obtint un 1er accessit en 1849, derrière Edouard Silas3 (1er prix) et Camille Saint-Saëns (2ème prix) qui n’avait pas encore atteint ses 14 ans. Leborne l’accueillit aussi dans sa classe de composition, et en 1851 Léonce Cohen montait en loge pour le Concours de Rome. La cantate Le Prisonnier ne l’inspira pas outre mesure et son œuvre ne reçut qu’un deuxième Second Prix. Sans se décourager il récidiva l’année suivante. Le Retour de Virginie de Rollet lui valut l’ultime récompense décernée par l’Institut. Saint-Saëns, qui concourrait également, ne fut même pas nommé ! Déconvenu, celui-ci attendra douze ans avant de se représenter en 1864. Cette seconde et dernière tentative ne fut pas plus heureuse, en raison d’une cabale dont Berlioz lui révéla les dessous par la suite! La cantate de Cohen fut exécutée à l’Institut le 2 octobre 1852, lors de la traditionnelle séance publique annuelle.

Pour effectuer son séjour à la Villa Médicis Léonce Cohen dut abandonner quelque temps l’orchestre du Théâtre-Italien où il avait été engagé comme altiste encore étudiant au Conservatoire. C’est à ce titre d’ailleurs qu’il figure parmi la liste des souscripteurs des Vingt-quatre Préludes pour l’alto-viola de Casimir Ney4, édités vers 1849 à Paris, chez l’auteur. Parmi les envois de Rome qu’il était tenu de faire, sa Messe solennelle attira plus particulièrement l’attention d’Halévy, professeur de composition au Conservatoire et membre de l’académie des Beaux-Arts, qui, même s’il regrettait un peu que son style ne fut pas aussi élevé que le sujet le demandait, soulignait cependant son imagination et sa chaleur. Revenu à Paris en 1855, Léonce Cohen réintégra l’orchestre des Italiens et joua également au sein de celui du Théâtre du Vaudeville alors installé depuis 1840 rue Vivienne. Il fut aussi durant une dizaine d’années altiste à la Société des Concerts du Conservatoire, à partir de 1875.

En 1858, le 17 février, Léonce Cohen parvint à faire jouer aux Bouffes-Parisiens une opérette en un acte de sa composition, Mam’zelle Jeanne, et plus tard, le 11 juin 1866 aux Fantaisies-Parisiennes une autre opérette, Bettina, mais ces deux essais furent à chaque fois sans lendemain. Le succès ne fut jamais de la partie ! Auteur d’opérettes, Léonce Cohen a assurément dû écrire quelques œuvres pour son instrument de prédilection, le violon, mais celles-ci, probablement restées à l’état de manuscrits, ont à tout jamais disparu. C’est surtout dans l’enseignement, et non comme compositeur, que Cohen fut apprécié en son temps, notamment avec la parution de son ouvrage théorique de solfège, habilement divisé en trois parties (1 - théorie complète de la musique, 2 - lecture musicale, et 3 - étude particulière de toutes les clefs à leurs différentes positions, avec des leçons à changement de clefs) susceptibles d’être achetées séparément.

Léonce Cohen, resté célibataire, est décédé le 26 février 1901 à Paris VIe, à l’âge de 72 ans.

Denis HAVARD DE LA MONTAGNE

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1) Les personnes désireuses d'en savoir davantage sur la famille Weil peuvent utilement se reporter à l'article très complet de Frédéric Viey : Des juifs à Fontainebleau, en ligne sur le site de l'Alliance française : http://www.alliancefr.com/culture/fontaine. La plupart des renseignements d'ordre généalogique figurant dans notre étude proviennent des recherches de M. Viey que tenons à remercier ici pour sa précieuse collaboration. [ Retour ]

2) Léonce Cohen ne doit pas être confondu avec son homonyme Jules Cohen qui fréquentait également à la même époque la classe d'orgue de Benoist, et décéda la même année que lui ! Né le 2 novembre 1830 à Marseille, mort le 13 janvier 1901 à Paris, Jules Cohen, s'installait à Paris en 1846, entrait au CNSM, où il décrochait plusieurs premiers prix : solfège (1847), piano (1850), orgue 1852, contrepoint et fugue (1854). Il fut nommé professeur de la classe d'étude du pensionnat du Conservatoire, et de la classe d'ensemble vocal (1855), chef de chœur à l'Opéra (1877). Il est l'auteur de romances, chansons, de nombreuses pièces pour harmonium et de musique religieuse qui était exécutée à l'époque dans la plupart des églises parisiennes. Ami de Saint-Saëns qu'il avait connu sur les bancs du Conservatoire, celui-ci lui laissera plus tard occasionnellement les claviers de l'orgue de St-Merry, où il avait été nommé dès 1853. [ Retour ]

3) Edouard Silas (1827-1909), organiste, pédagogue et compositeur néerlandais, après ses études musicales parisiennes avec Kalbrenner, Benoist et Halévy, s'installa à Londres en 1850. Organiste de la chapelle catholique de Kingston upon Thames et professeur d'harmonie à la Guildhall School of Music, on lui doit des symphonies, concertos pour piano, quatuors à cordes, ainsi qu'un oratorio Joash (1863) et de la musique religieuse. Saint-Saëns lui dédia en 1871 sa Gavotte en ut mineur, op.23. [ Retour ]

4) Voir sur cette publication l'excellent article de Frédéric Lainé dans le site des Amis de l'alto : « Un exemple de l'alto virtuose en France au XIXe siècle : Les Vingt-quatre Préludes de Casimir-Ney » http://assoc.wanadoo.fr/amis.alto/B99/CasimirNey.htm [ Retour ]

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Léonce Cohen's Timeline

1829
February 12, 1829
Paris, Île-de-France, France
1901
February 26, 1901
Age 72
Paris, Ile-de-France, France